« #Female pleasure », un film de Barbara Miller (2019)
Date : -
Lieu : France

Synopsis

#FEMALEPLEASURE est un plaidoyer pour la libération de la sexualité des femmes au 21ème siècle. Les structures patriarcales millénaires y sont remises en causes, tout comme la banalisation de la culture pornographique. Le film suit cinq femmes hors du commun aux quatre coins du globe, révèle des situations universelles et montre le combat fructueux pour le droit à l’autodétermination de leur sexualité et pour un rapport entre les sexes qui soit égalitaire et basé sur le plaisir.

Les héroïnes du film

DEBORAH FELDMAN a grandi dans une famille juive ultra-orthodoxe dans le quartier de Williamsburg (Brooklyn, New York). Ici, on porte la tenue traditionnelle d’appartenance à la communauté. Pour les hommes : long manteau noir, chapeau, papillotes et barbe. Pour les femmes : jupe de couleur sombre, chemisier et perruque recouvrant leur tête rasée. Dévotion absolue à Dieu, obéissance, culpabilité et punition ont façonné l’éducation de Deborah. A l’âge de dix-sept ans, elle est mariée de force à un jeune homme qu’elle n’a alors vu qu’une seule fois. C’est seulement à la veille de sa nuit de noces qu’on lui parle pour la première fois de sa vie sexuelle, et notamment du fait que la menstruation la rend “impure”, lui interdisant par là-même tout contact avec son mari et lui imposant le mikvé, bain rituel de purification. Elle cherchera rapidement un moyen d’en réchapper, quittant sa communauté avec son fils sous le bras. Aujourd’hui, Deborah vit à Berlin, libre. Depuis la publication de son best-seller Unorthodox and Exodus, elle incarne un espoir pour nombre de femmes désireuses de s’affranchir de leurs communautés ultra-orthodoxes.

LEYLA HUSSEIN est née à Mogadiscio dans une famille musulmane privilégiée et très pratiquante. Elle était une des rares filles en Somalie à être autorisée à aller à l’école. Cet accès à l’éducation ne les a cependant pas protégées, elle et sa jeune sœur, de l’opération brutale qui altérera à jamais leur féminité et sexualité. Excisée à l’âge de sept ans, au nom de l’Islam bien que cette pratique ne figure pas dans le Coran, Leyla Hussein mène depuis la naissance de sa fille un courageux combat pour l’intégrité physique et l’autodétermination sexuelle des femmes musulmanes en Afrique mais aussi en Europe. Aujourd’hui psychothérapeute, elle a notamment pris la parole devant les Nations Unies et le Parlement anglais, contribuant à changer le regard porté sur les jeunes filles mutilées ou à risque.

L’artiste japonaise ROKUDENASHIKO a grandi dans une famille traditionnelle Shinto bouddhiste. Auteure de manga et artiste performeuse, ayant créé ce qu’elle appelle “l’art vaginal”, elle se bat contre la diabolisation du corps féminin. Arrêtée et accusée d’obscénité, elle a risqué deux ans d’emprisonnement. Rokudenashiko prône avec véhémence l’acceptation de la représentation artistique du vagin, ainsi que la liberté dans son travail.

DORIS WAGNER a grandi dans une famille catholique protestante en Bavière. Elle rejoint à l’âge de dix-neuf ans un couvent. Victime de viols répétés, elle lutte depuis lors contre les agressions sexuelles au sein de l’Église.Diplômée en théologie et titulaire d’un doctorat en philosophie, Doris Wagner soutient les personnes maltraitées par l’Église catholique et les cultes ecclésiastiques. Son objectif est d’établir la reconnaissance de la responsabilité et un changement des mentalités dans les ins tances supérieures de l’Église.

VITHIKA YADAV a grandi dans une famille hindoue traditionnelle du Rajasthan, dans le nord de l’Inde. Dès son plus jeune âge, elle a appris à ne pas regarder un homme dans les yeux et à ne jamais sortir seule dans la rue. Toutes ces règles ne l’ont pourtant pas protégée de ce qui arrive chaque jour à la grande majorité des femmes indiennes : harcèlements et agressions sexuelles. Mais Vithika a riposté. En 2013, elle a remporté le prix “Excellence et innovation en matière d’innovation sexuelle” pour sa plateforme d’éducation sexuelle “Love Matters” qui compte des millions d’utilisateurs.

Déclaration de Barbara Miller

# FEMALE PLEASURE est un plaidoyer pour le droit à l’autodétermination et une sexualité épanouie pour les femmes. Je voulais savoir quelles structures universelles se cachent derrière le fait que les femmes, même aujourd’hui, ne peuvent pas célébrer librement leur corps et leur sexualité. Et si elles le font, dans la plupart des régions du monde, elles sont méprisées, excommuniées ou même menacées. Les cinq femmes de ce film proviennent de différents contextes religieux et culturels, mais il ne s’agit pas d’un film sur les religions, et encore moins sur la foi. Je veux montrer la diabolisation structurelle, universelle et millénaire du corps féminin et de sa sexualité.

L’idée que les femmes ne doivent pas être des êtres sexuels autodéterminés a un peu changé, du moins dans certaines parties du monde, mais elle est toujours profondément enracinée dans notre société. Dans la culture pornographique Internet actuelle, par exemple, les femmes sont principalement là pour satisfaire les hommes. Leur propre sexualité, leurs souhaits et leurs désirs sont souvent ignorés et le clitoris, organe essentiel de 70% des femmes pour avoir un orgasme, est tout simplement inexistant.

J’ai déjà réalisé des documentaires télévisés sur ces sujets et constaté que le plaisir féminin et l’appréciation du corps féminin ne semblaient pas occuper une place appropriée dans notre monde, pour les hommes comme pour les femmes. Une discussion ouverte sur ce que les femmes veulent vraiment et ce dont elles ont vraiment besoin n’a pas encore eu lieu. Et j’espère que ces cinq femmes pourront inspirer les filles et les femmes du monde entier à explorer leur propre corps, à avoir le courage de parler avec leurs partenaires de leurs souhaits et à se dresser contre les dogmes religieux, culturels et sociaux qui leur disent encore qu’elles ne comptent pas. Une sexualité féminine autodéterminée, une libération du corps féminin du poids moral millénaire constitueront un gain incroyable. Pour les femmes comme pour les hommes.